Comment est produit le vin bio ?
Dans le strict procédé de la vinification, le vin biologique est produit comme n’importe quel vin et les étapes nécessaires à la création de vin bio ne sont rien de moins que celles obligatoires à la création de tous les vins : le raisin est vendangé, pressé, fermenté, élevé puis mis en bouteille. La différence entre un vin dit traditionnel et un vin biologique se trouve plutôt entre les lignes, puisque le vin traditionnel tolère des produits qui ne sont pas autorisés dans le vin bio (pesticide sur les vignes, pieds de vignes clonés, dioxyde de soufre, moût concentré rectifié, levures sélectionnées, grande quantité de sulfite, etc.). En un sens, le vin bio est produit comme l’étaient les vins des origines, avant l’intervention de la chimie.
Les principaux labels
Le label bio européen :
Prenant la place de l’ancien label Bio français, il est certifié par un organisme de contrôle indépendant. Pour l’obtenir sur son vin, le viticulteur doit n’avoir utilisé aucun produit chimique dans les vignes depuis au moins trois ans. Ni pesticides, ni désherbant, ni engrais de synthèse. Seuls les produits naturels sont tolérés, tels que le cuivre ou le soufre. Enfin, au cours de la vinification, les quantités de sulfites sont restreintes à 100 milligrammes par litre.
Bioconférence :
Ce label a été créé en réaction au label bio européen, jugé trop laxiste par certains agriculteurs. Ces derniers considèrent que le label bio, soutenu par la grande distribution, encourage la culture, certes, de produits naturels, mais dans des proportions industrielles. L’une des spécificités des vins labellisés Bioconférence est d’englober dans leurs contraintes des règles de distribution. Ainsi, aucun vin Bioconférence ne peut être vendu en hypermarché, se réservant aux réseaux spécialisés.
Demeter et Biodyvin :
Plus restrictifs que le label bio, ceux-ci demandent aux vignerons de pratiquer la biodynamie. Les principes mis en place en 1924 par Rudolf Steiner ont pour vocation de stimuler l’énergie de la plante par l’utilisation exclusive de moyens naturels très codifiés. Durant l'équinoxe d’automne, on enterre une corne de vache remplie de bouse dans le sol, ce qui aurait pour effet d’aider les racines des vignes à s’enfoncer plus profondément dans la terre. Au début de l’été, c’est une autre corne de vache qu’on enterre, cette fois-ci, emplie de quartz pour rendre les vignes plus fertiles. L’engrais doit être réalisé suivant une recette précise, assemblant entre autres bouse de vache, calcaire, et différentes préparations à base de plantes.
Certes, à la lecture, ces méthodes ont de quoi laisser pour le moins perplexe… Pourtant, sans que l’on sache précisément l’expliquer, elles portent leurs fruits, et certaines grandes maisons, comme Pontet-Canet ou Marcel Deiss, les appliquent avec succès !