Vous êtes à la tête d’une maison iconique dans l’affinage des fromages, pouvez-vous nous raconter son histoire ?
Notre maison est née de la fusion de deux familles, Rivoire et Jacquemin. Alix Jacquemin a ouvert la voie du travail d’affinage dans la 2e partie du XIXe siècle, avant que sa fille, Eugénie, ne reprenne la main avec son époux Louis Rivoire, de ce qui deviendra une épopée familiale. J’ai repris la maison Rivoire-Jacquemin en 1991. Ma philosophie a toujours été de ne pas chercher le volume, mais la qualité. Nous pouvons toujours nous améliorer et nous devons adapter perpétuellement. Petite, j’accompagnais mon père dans les coopératives et j’étais admirative des relations humaines de ce métier, des relations de confiance nouées. J’essaie de faire perdurer ces façons de travailler afin de transmettre la maîtrise de l’affinage. Cela passe par l’humain, mais aussi l’architecture : nos caves, anciennes comme récentes, sont voûtées et en bois afin de faire circuler l’air, et ainsi d’obtenir une maturation similaire sur les 31 étages de meules !