Parlez-nous de ce qui vous a donné envie de devenir éleveurs de Porcs Noirs de Bigorre.
Vincent : De mon côté, il s’agit du fruit du hasard. A l’époque, j’étais éleveur laitier, puis je suis devenu éleveur bovin pour la viande. A cette époque, j’ai dû investir dans du matériel différent. C’est à la suite d’une visite auprès de ma banque pour financer ce projet, et surtout de la rencontre avec un technicien de la chambre d’agriculture, que je me suis orienté vers l’élevage de Porcs Noirs de Bigorre. Je n’en avais jamais entendu parler ! A l’époque, ils cherchaient des éleveurs prêts à sauter le pas afin de relancer cette race de porcs gascons, vouée à disparaître. Les seuls prérequis étaient d’avoir un terrain adapté, et une cabane. Une semaine plus tard, j’accueillais 50 porcs sur mon exploitation, que je n’avais jamais vus auparavant ! J’ai adapté le terrain en baissant les fils des clôtures, initialement installés pour les vaches. Au bout de quelques jours, je m’en rappelle encore, je partais le soir m’asseoir dans les étendues de prairies, tous les cochons venaient à côté de moi, et c’est là j’ai réalisé que c’était une race passionnante. Je ne voulais plus m’arrêter, j’en voulais plus ! L’année d’après, mon cheptel comptait 200 animaux. Bien plus tard, j’ai eu la chance de pouvoir transmettre mon exploitation à Emilie. Nous avons désormais 450 porcs au sein de l’exploitation.
Emilie : Je n’ai pas vu l’exploitation sous le même angle, puisque lorsque je me suis lancée, l’AOC était déjà en place. J’ai découvert les porcs gascons en Haute-Garonne, chez des éleveurs qui vendaient à la ferme, et je suis tombée amoureuse de ce cochon, au caractère d’exception ! J’ai eu la chance de croiser le chemin de Vincent, qui cherchait à transmettre son exploitation, alors que je cherchais de mon côté à m’installer. La bonne rencontre au bon moment !