Emilie, sommelière à La Cave de La Grande Epicerie Rive Gauche

Emilie, sommelière à La Cave de La Grande Epicerie Rive Gauche

 
 

Quel est votre parcours ?


Après de longues études de droit, j’ai finalement décidé de me tourner vers ce qui m’animait vraiment : la gastronomie et le vin. Cet univers reflète le partage, c’est un univers qui rassemble. J’ai choisi une formation pour adultes à l’Ecole du Vin, mais je pense qu’il faut apprendre en permanence, auprès des autres. 


Comment le vin est-il devenu une passion ?


Je suis issue d’une famille de vignerons, dont les domaines sont situés sur l’appellation Châteauneuf-du-Pape. Dans ma famille, la gastronomie est indissociable de l’univers du vin, et vice versa. J’ai donc été bercée par ces deux univers, qui sont devenus une évidence pour moi. Ma mère m’a transmis sa passion pour la cuisine et mon père pour le vin. Au fil du temps, j’ai commencé à m’intéresser à ces domaines, à lire sur ces sujets, à déguster des vins, à comprendre les évolutions dans le monde viticole. Les changements climatiques sont un challenge de grande envergure pour les vignerons, et cela nous impacte directement dans notre quotidien puisque les vins évoluent différemment d’années en années.


Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans le vin ?


Indéniablement les sols. Pour comprendre un vin, que l’on soit averti ou débutant, il faut comprendre la nature des sols et leur impact. La France est composée d’une mosaïque de sols différents, c’est là notre force. Le sol fait grandir la vigne, qui produit le vin. C’est le sol qui donne sa typicité à un vin.


Quelle est votre région préférée ?


La Bourgogne : la Côte de Nuits pour la puissance et le corps de ses vins, la Côte de Beaune pour l’élégance. Mais j’apprécie également beaucoup la Champagne et la Loire, ce sont trois régions qui me sont chères. Dans la Loire par exemple, Vincent Pinard produit de superbes vins rouges avec des échos bourguignons, très surprenants. Pierre Ménard en Anjou révèle également de belles surprises : il a fait le tour du monde et a produit des tokays en Hongrie, et désormais ses chenins secs sont exceptionnels. En Champagne, Cédric Bouchard me procure une vive émotion, ses Chardonnays sont d’une qualité rare.


Citez-nous un vin incontournable à avoir dans sa Cave.


Je choisirais deux incontournables, un Krug : c’est un champagne très linéaire, très travaillé. Il n’y a pas de millésime, mais des vins de réserve. Certains datent du 20e siècle, donc c’est aussi une portion d’histoire que l’on déguste. Le 2e incontournable serait une Syrah de la Vallée du Rhône. Une Syrah plutôt jeune, un millésime 2016 ou 2017, de chez Louis Chèze par exemple.



Citez-nous un vin d’exception que vous souhaiteriez avoir dans votre Cave.


Château Rayah de chez Emmanuel Reynaud. C’est le seul vigneron sur l’appellation Châteauneuf-du-Pape à bénéficier d’un terroir sablonneux. Le grenache produit sur ces terres est d’une incroyable finesse et très élégant. 


Citez-nous une pépite méconnue qu'il faut avoir dans sa Cave.


Un Faune avec son Fifre sous les Oliviers Sauvages. Ce vin du Domaine du Clos des Fées est composé de Cabernet franc et de Merlot. C’est un vin d’une incroyable élégance, riche, consistant et chaleureux. 


Quel vin choisiriez-vous pour :


Un dîner romantique :


Un Condrieu bien évolué, en 2016 par exemple, que j’accompagnerais de cuisses de grenouilles persillées ou de ris de veau.


Une grande occasion :


Un vieux millésime de Bordeaux ou de Bourgogne. Ces vins ont une histoire à raconter et nous pouvons désormais les apprécier à leur apogée. Je pense notamment à de jolis millésimes du Château Grand-Puy Ducasse, situé sur des terroirs d’exception de Pauillac ou sur des Volnay de 2008 par exemple.


Un apéritif :


Je réfléchis toujours aux associations de saveurs. En blanc, je choisirais un Chardonnay qui viendrait trancher le gras de la charcuterie, un Mâcon par exemple ou bien un Pernand-Vergelesses. Côté vin rouge, j’opterais pour un Pinot noir de la Vallée de la Loire, frais, juteux et croquant, sans trop de tanins. Un Sancerre rouge ou un Cabernet franc par exemple.


Susciter l'étonnement :


Le Blanc de Blancs brut nature d’Aurélien Laherte. Les bruts nature méritent d’être reconnus : ce sont généralement de petits vignerons qui produisent des vins où l’on retrouve tout de suite l’essence même du champagne.