Gérard, vous êtes à la tête d’une entreprise familiale, créée par votre père dans les années 70, pouvez-vous nous raconter son histoire ?
Notre histoire avec la boutargue est intimement liée à nos origines tunisiennes ! Dans mon enfance, ce mets était présenté pour les jours de fêtes. Un véritable investissement pour notre famille ! La boutargue était ancrée dans notre culture, puisque les médecins pouvaient le prescrire en complément d’une ordonnance. Lorsque nous sommes arrivés en France à la fin des années 60, mon père, céréalier de métier, a cherché à se reconvertir. C’est la rencontre d’un exportateur d’œufs de mulets lors d’un salon alimentaire qui a été le déclencheur. Mon père ne trouvait pas de boutargue à Paris et après plusieurs mois de combats acharnés, son projet put se lancer.
Comment et pourquoi avez-vous souhaité rejoindre l’aventure ?
Je dois bien avouer que la reprise de cette entreprise n’était pas dans mes projets. Au début des années 90, plusieurs événements m’ont amené à assurer la continuité de l’aventure familiale. L’un d’entre eux fut notre premier contrôle sanitaire : ce produit méconnu, traditionnellement enveloppé de cire, lui permettant d’être hermétique aux microbes, a dû être mis en conformité. Mon père, âgé de 74 ans, n’a pas souhaité poursuivre et c’est ainsi que je devins quelques années plus tard gérant.